Le matin du 6 juin 1944, il y a exactement 70 ans, les troupes alliées débarquaient pour libérer la France et resserrer l’étau sur les armées d’Hitler.

C’est à Québec que les chefs alliés avaient discuté des grandes lignes de l’opération Overlord. D’abord prévu au printemp 1944s, puis repoussé au lundi 5 juin en raison de la météo défavorable, le débarquement d’un peu plus de 130 000 soldats a finalement lieu le 6 juin.

Cinq secteurs de débarquement ont été définis. Utah et Omaha sont confiés à la 1re armée américaine du Général Bradley. L’armée britannique débarquera à Gold et Sword, tandis que les Canadiens débarqueront entre ces deux secteurs britanniques, à Juno.

Les débarquements dans chacun des secteurs s’effectueront selon un décalage, en raison des variations de la marée. Ils sont prévus à 6h30 le matin sur les plages Utah et Omaha, et à 7h30 sur les plages Gold, Juno et Sword.

Environ 15 000 militaires canadiens débarquent donc sur une portion de plage qui s’étend de Saint-Aubin-sur-Mer à Courseulles-sur-Mer. Le Régiment de la Chaudière, commandé par le lieutenant-colonel Paul Mathieu et basé sur la rive sud de Québec, est du nombre et débarque devant Bernières vers 8 h 31. Seule unité d’infanterie canadienne-française à participer à l’opération, elle perd 105 hommes au cours de la journée. Le Queen’s Own Rifles et le North Shore (New Brunswick) Regiment – celui-ci composé en partie de Canadiens français d’origine acadienne – ont précédé de peu le Chaudière sur la plage, sous la mitraille des Allemands.

Pour les Alliés, c’est le début de la campagne de Normandie.

Soixante-dix ans plus tard, il reste trop peu de témoins directs de ces événements qui ont fait basculer la guerre, en libérant au passage le peuple français du joug allemand.

Profitons de l’occasion pour réfléchir à nos responsabilités individuelles et collectives à l’égard du devoir de mémoire. Car à trop brève échéance, lorsque le dernier vétéran du Débarquement aura rendu les armes, il appartiendra à notre génération de perpétuer la mémoire de ce jour le plus long. 

 

 

Frédéric Smith

Coéditeur et webmestre chez Le Québec et les guerres mondiales
Historien, auteur, conférencier, conseiller à la commémoration et à la mise en valeur du patrimoine pour la Ville de Québec, webmestre et éditeur adjoint du site Le Québec et les guerres mondiales depuis 2010. Il a publié La France appelle votre secours. Québec et la France libre, 1940-1945 (2012, Vlb éditeur), de même que plusieurs ouvrages et articles consacrés à divers aspects de l'histoire de la ville de Québec.
Frédéric Smith