Combien de Canadiens français sous les drapeaux?

Par Pierre Vennat

Texte inédit
 
On ne saura jamais complètement combien de Canadiens français ont servi sous les drapeaux lors de la Deuxième Guerre mondiale puisque l’armée canadienne s’est toujours obstinée à compiler ses statistiques par provinces et que l’orthographe ne veut rien dire, puisque un Johnson peuvent être francophone, tout comme l’inverse peut être vrai.
 
Reste qu’il est admis que le Régiment de Maisonneuve fut un des premiers au Canada, sinon le premier, à compléter les cadres de son premier bataillon, et ce dès septembre 1939.
 
Le premier ministre canadien William Mackenzie King lui-même signala cet événement dans une allocution radiophonique, en déclarant que « le régiment de Maisonneuve, fidèle aux plus nobles traditions des anciens Canadiens, a été l’un des premiers à compléter ses cadres ».
 
RegimentmaisonneuveQuant à lui, l’historien américain Mason Wade, auteur de The French Canadians 1760-1945, traduit sous le titre de Les Canadiens français de 1760 à nos jours et publié par le Cercle du livre de France, écrivit que « le rythme des engagements de Canadiens français dans les premières années de la Seconde guerre Mondiale fut bien différent de ce qu’il avait été pendant la première. Une unité canadienne française, le régiment de Maisonneuve de Montréal, fut la première à remplir ses rangs de volontaires pour le service armé outremer ».
 
Enfin, le major général Léo-Richer La Flèche, sous-ministre de la Défense nationale puis ministre des Approvisionnements de guerre, estima que 50 000 Canadiens français se trouvaient déjà sous les drapeaux le 1er janvier 1941.

 

Pierre Vennat

Ancien journaliste à La Presse durant une quarantaine d’années, il est aussi historien. Il a notamment publié une dizaine d’ouvrages dont Dollard Ménard. De Dieppe au référendum (Art Global, 2004), la trilogie Les Héros oubliés. L’histoire inédite des militaires canadiens-français de la Deuxième Guerre mondiale (Le Méridien, 1997-1998) et Dieppe n’aurait pas dû avoir lieu (Le Méridien, 1992).
Pierre Vennat