Engagement par patriotisme ou pour des raisons économiques?

Par Pierre Vennat
Texte inédit

Quoiqu’en disent les propagandistes de « l’unité nationale », les recrues de 1939 ne s’engageaient pas dans les forces armées que par patriotisme ou par goût de l’aventure.

Bref, au sortir de la dure crise économique des années 1930, pas moins de 680 Montréalais vivant jusque-là d’allocations de chômage s’étaient enrôlés dans l’armée canadienne entre l’ouverture des hostilités et la mi-octobre 1939 et, dans 378 cas, il s’agissait de chefs de famille. 240 autres jeunes ex-chômeurs demeuraient jusqu’alors chez leurs parents au moment de leur enrôlement, tandis que 71 des chômeurs célibataires vivaient alors seuls en appartement.

Pierre Vennat

4 commentaires

    1. Excellente question.

      c’est tiré de statistiques officielles publiées notamment dans la presse peu de temps après l’engagement et que j’ai repris ensuite dans le premier tome des Hérous oubliés- Histoire des soldats canadiens français de la Deuxième Guerre mondiale, publié dans les nanées 1990 (1995 je cerois dans le cas de ce livre) par les Éditions du Méridien.

      Je pourrais vous donner la source exacte, mais il me faudra du temps car je travaille actuellement sur plusieurs autres projets et n’ai vraiment pas le temps avant quelques semaines.

      Récrivez moi à mon adresse courriel personnelle que le web master du blogue (Frédéric Smith) ou Sébastien Vincent vous donneront avec ma permission (je ne donne pas mon adresse courriel à tout vent).

      Toutes mes chroniques sur le site ou les notes pour les cours d’histoire militaire que je donne sont tirées bien souvent de la documentation que j’ai accumulée depuis que je pubiie des livres d’histoire militaire (une douzaine depuis 1991). Vous comprenderz que je n’ai pas tout sous la main.

      Écrivez=moi et je vous répondrai personnellement.

      Pierre Vennat
      Journaliste-historien

  1. Il faut faire attention à ces statistiques. Pour ma part, après avoir faite une étude de cas sur les dossiers du personnel militaire mort en service du Régiment de la Chaudière (224 dossiers de soldats), environ 22% de ceux-ci n’avaient pas d’emploi et, si l’on prend les soldats qui se sont engagés uniquement en 1939 et 1940 soit les années les plus propices pour s’enrôler pour raisons économiques, on en retrouve 23%. Oui, il y avait des personnes qui sont entrées dans l’armée par nécessité économique, mais ce n’était pas la majorité. Le patriotisme et l’esprit d’aventure constitue donc des raisons toujours valables pour expliquer l’engagement de nombreux volontaires québécois dans l’armée canadienne.

  2. Bonjour,

    Je vous remercie pour votre intervention, madame D’Amours.

    Pour ma part, j’ai rencontré bien des vétérans dans le cadre de la rédaction de mon livre Laissés dans l’ombre, et j’ai compulsé nombre de témoignages écrits lors de mes recherches pour rédiger Ils ont écrit la guerre.

    Dans ces sources, le premier argument invoqué pour expliquer l’enrôlement demeure sans nul doute l’esprit d’aventure. Le second, les raisons économiques, surtout pour les gens qui venaient des régions, notamment la Gaspésie. Cet argument est par exemple invoqué par Émilien Dufresne dans Calepin d’espoir (Septentrion). Il faut se rappeler que le Québec vivait encore les contre-coups de la Crise économique des années 30 et qu’il n’existait aucun filet social.

    Le patriotisme, chez les francophones que j’ai rencontrés ou chez ceux qui ont pris la plume pour faire oeuvre de témoignage, est très rarement invoqué. Quand il en est fait mention, c’est lorsqu’un grande distance existe entre les faits et la mise en forme du témoignage. Contamination du témoignage par l’esprit du temps?

    Je pense qu’il a existé autant de raisons de s’enrôler qu’il y a eu d’individus. Mais je doute fort que le patriotisme, de même que la lutte contre l’hitlérisme, ait occupé le haut du pavé.

    Merci une fois encore de contribuer au débat.

    Sébastien Vincent

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