Dans son essai Le Cinéma d’une guerre oubliée, Louis Brosseau « brosse  un portrait de la représentation de la Seconde Guerre mondiale dans le cinéma québécois de fiction ». Il dégage « les éléments constitutifs de la mémoire collective qui s’exprime dans ces films », et fait « ressortir le point de vue des réalisateurs sur la Seconde Guerre mondiale ». Alors qu’aux États-Unis et en Europe, les films de fiction évoquant cette guerre se comptent par centaines, la cinématographie québécoise n’en compte que neuf, précise Louis Brosseau, dont Il était une guerre.

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Il était une guerre s’ouvre sur  la fameuse course au mariage de milliers de jeunes gens voulant échapper à la conscription, puis les problèmes du travail dans les « usines de guerre », la campagne d’Italie, en 1943, et enfin le retour au pays où l’adaptation à la vie civile cause bien des déboires. Ces épisodes sont vus à travers la vie d’un jeune homme.

Il était une guerre est un film de la série « Panoramique ». Cette série, produite à l’Office national du film (ONF) de l’automne 1957 à janvier 1959, comprenait à l’origine 26 épisodes dramatiques de trente minutes destinés au petit écran.

Six sujets et quatre réalisateurs se partageaient assez inégalement ces 26 épisodes qui, à plus d’un titre, firent date dans l’histoire du cinéma de fiction à l’ONF. Il était une guerre, film de cinq épisodes de 30 minutes, réduit à 94 minutes, complète le trio des films majeurs de « Panoramique » avec Les brûlés et Les 90 jours.

Le film s’attarde à sonder en profondeur les réactions du peuple canadien face à la Deuxième Guerre mondiale. À travers l’histoire d’une famille ouvrière de Montréal, les Dubois, Il était une guerre retrace les moments clés de cette période tels que vécus et ressentis par des familles québécoises.

Le film débute par l’annonce de la conscription et l’appel des célibataires sous les armes. C’est la panique chez les Dubois. Un des fils, Roger, chômeur et fardeau économique pour la famille, se résigne à s’enrôler. Il ne reviendra pas. Pour Marcel, comme pour des milliers de jeunes travailleurs, c’est la course effrénée au mariage. Peine perdue, puisque quelques années plus tard, les gens mariés seront aussi appelés.

Particulièrement critique à l’égard de la guerre, ce film choquera profondément certains des dirigeants anglophones de l’ONF, colère qui s’amplifiera lorsque ces derniers s’apercevront que beaucoup de Québécois se reconnaissent dans ce film.

oehttp://www.onf.ca/film/il_etait_une_guerre/ 

Données de production

  • Couleurs / Noir et blanc : Noir et Blanc
  • Langues : Français
  • Durée originale : 94 minutes et 13 secondes (long métrage (version télé : 5 épisodes de 30 minutes))
  • Type de métrage : Long métrage
  • Année de début de production : 1957
  • Année de fin de production : 1957

 

Réalisation

Louis Portugais

 

Scénario

Réginald Boisvert

 

Images

Georges Dufaux

 

Producteur

Léonard Forest

Guy Glover

 

Interprétation

Paul Berval

René Caron  

Serge Deyglun

Mariette Duval

Victor Désy

Camille Fournier

J.-Léo Gagnon  

Benoît Girard

Guy L’Écuyer

Yvon Leroux

Ginette Letondal

Hélène Loiselle

Aimé Major

Lucie Poitras

Robert Rivard  

Jean-Claude Robillard

Lionel Villeneuve

 

Lien vers le film :

http://www.onf.ca/film/il_etait_une_guerre

 

Sources :

Louis Brosseau, Le Cinéma d’une guerre oubliée, Montréal, VLB éditeur, « coll. Études québécoises », 1998, 205 p.

http://www.onf.ca/film/il_etait_une_guerre

http://bilan.usherbrooke.ca/bilan/pages/evenements/1286.html

http://elephant.canoe.ca/films/il-etait-une-guerre_10210

 

Sébastien Vincent

Enseignant, historien et conférencier. Fondateur et éditeur du site "Le Québec et les guerres mondiales". Ses travaux portent sur le Canada, le Québec et la Seconde Guerre mondiale. Collaborateur au journal Le Devoir, il a publié Ils ont écrit la guerre (2010, Vlb éditeur) et Laissés dans l'ombre. Les Québécois engagés volontaires de la guerre 39-45 (2004, Vlb éditeur, finaliste aux Prix littéraires du Gouverneur général, 2005).
Sébastien Vincent