Au début de la Première Guerre mondiale, il n’y avait pas que dans l’armée de terre que les francophones cherchaient à se créer une petite niche.

Même si l’aviation militaire n’a vu le jour qu’une fois le conflit débuté – et encore qu’après plusieurs mois de guerre – un certain nombre de Canadiens français ont voulu, dès le début, participer à cette nouvelle aventure.

L’histoire l’a oublié, mais le premier aviateur québécois à offrir ses services au Ministère de la Milice était un Canadien français, Jean-Marie Landry, de Québec.

Landry J.M

Landry (1888-1955) avait obtenu son brevet d’aviateur en mai 1914, de l’École d’aviation Blériot, à Hue, en France. Avant de quitter le vieux continent, il avait acheté un monoplan Blériot dernier modèle. Ce monoplan a été mis à bord d’un paquebot qui quitta Anvers vers le milieu de juillet, quelques jours avant le déclenchement des hostilités.

Le 14 août, l’aéroplane de Landry arriva enfin à bord du steamer Reapwell. Après une envolée à Québec pour tester l’appareil, Landry se mit au service du Ministère de la Milice du Canada.

Le 21 septembre 1914 d’ailleurs, on écrivait déjà que les aviateurs canadiens joueraient un rôle important dans la guerre en cours depuis un mois et qu’Ottawa avait décidé d’organiser une section d’aviation au sein du premier contingent canadien.

C’est un aviateur du nom de Jeanny qui en prit la direction et son survol du Québec attira fortement l’attention de tout le pays.

Parti des États-Unis, Jeanny passa au-dessus de Lacolle puis de Saint-Jean, à une hauteur d’environ 1 500 pieds, ce qui causa tout un émoi. Continuant sa route, Jeanny passa à Chambly, puis au-dessus de Saint-Hilaire, puis de Saint-Joseph-de-Sorel, avant d’y faire escale. Ovationné par la foule de Sorel, il reprit les airs et passa au-dessus de Trois-Rivières à une faible altitude vers midi pour se diriger enfin vers Valcartier. Le périple lui avait pris pratiquement toute la journée.

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Pierre Vennat

Pierre Vennat

Ancien journaliste à La Presse durant une quarantaine d’années, il est aussi historien. Il a notamment publié une dizaine d’ouvrages dont Dollard Ménard. De Dieppe au référendum (Art Global, 2004), la trilogie Les Héros oubliés. L’histoire inédite des militaires canadiens-français de la Deuxième Guerre mondiale (Le Méridien, 1997-1998) et Dieppe n’aurait pas dû avoir lieu (Le Méridien, 1992).
Pierre Vennat