Le 22 juin 1941, rompant le pacte de non agression qu’il avait signé avec Staline, Hitler, confiant plus que jamais, lança à l’assaut de l’URSS ses armées gonflées à bloc, soit plus de trois millions d’hommes, 3 200 chars et 2 800 avions en soutien. L’opération Barbarossa venait de commencer. Cette opération terrestre, l’une des plus grandes de l’histoire, mena la Wehrmacht, qui semblait alors invincible, aux portes de Leningrad et de Moscou au cours de l’automne.

Cet affrontement entre Allemands et Soviétiques est devenu au fil des mois, des années, une véritable guerre d’extermination dirigée contre les peuples slaves et les « judéo-bolchéviques ». Une guerre qui trouva son point culminant à Stalingrad, « la reine des batailles » par sa durée et l’intensité des combats, le nombre d’hommes engagés et perdus, l’importance des enjeux stratégiques et la valeur symbolique de son dénouement.

Effet de mode? Phénomène éditorial? Plusieurs ouvrages parus récemment en français nous plongent au coeur de ce choc des titans d’une brutalité à peine concevable. Un conflit qui a englouti, sinistre bilan comptable, quatre millions de soldats allemands, sans compter les civils, et trente-cinq millions de Soviétiques, civils et militaires, entraînés à grands coups de propagande stalinienne dans la « Grande Guerre patriotique ».

 

Une histoire chargée de lieux communs et de mythes

Le front de l’Est n’a pas été toute la Seconde Guerre mondiale, mais il en constitua le théâtre principal, n’en déplaise à la vision que propose Hollywood de la guerre 1939-1945. Peu importe la mesure choisie – échelle géographique, pertes matérielles et humaines, intensité, brutalité, rien en effet, dans aucun siècle d’ailleurs, ne se compare au front germano-soviétique.

Pourtant, le plus grand théâtre d’opérations de la Seconde Guerre mondiale demeure « pour le lecteur français […] une guerre […] quelque peu restée figée », écrit le journaliste Boris Laurent, auteur de La Guerre totale à l’Est. Nouvelles perspectives sur la guerre germano-soviétique (Nouveau Monde éditions, 2014). S’en est suivi une vision biaisée du conflit fondée sur nombre d’assertions, de lieux communs et de mythes, soutient le journaliste.

« Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, les historiens occidentaux ont présenté la guerre à l’Est d’un point de vue largement allemand, sous couvert que les archives accessibles n’étaient alors qu’allemandes. […] Parallèlement, les historiens soviétiques ont été incapables, par choix ou par pression, de se détacher du poids idéologique qui a indubitablement faussé leurs travaux », explique Laurent.

Profitant de l’ouverture des archives après la chute de l’URSS en 1991, des historiens anglo-saxons, allemands et russes ont pu se pencher plus objectivement sur ce conflit impitoyable. Qu’en est-il des historiens francophones? Ils demeurent encore peu nombreux à s’y intéresser, hormis Nicolas Werth et Jean Lopez, précise Laurent.

 

Une synthèse accessible et nécessaire

1. Guerre à l'est (Laurent)Boris Laurent, auteur entre autres du livre Les Opérations germano-soviétiques dans le Caucase (1942-1943) (Éditions Économica, 2014), propose ici une accessible et nécessaire, car trop rare, synthèse du conflit germano-soviétique rédigée en français. La Guerre totale à l’Est repose notamment sur les sources secondaires parues en français, en anglais et en allemand identifiées dans la bibliographie qui fait une dizaine de pages. On ne comptera donc pas ici sur de nouvelles révélations fondées sur des archives provenant de l’ex-URSS.

Le journaliste se donne pour objectif de battre en brèche les assertions les plus courantes que l’on trouve dans les livres parus en français : « Hitler aurait attaqué l’URSS trop tard; la Wehrmacht a mené une guerre éclair jusqu’en décembre 1941, date à laquelle elle a été stoppée net par l’hiver et la contre-offensive soviétique; la prise de Stalingrad était impossible; cette bataille annonce la fin de l’armée allemande; la bataille de Koursk (été 1943) est la plus grande bataille de chars de l’histoire, gagnée par les Soviétiques qui mettent les Allemands à genoux […] ».

Laurent soutient que toutes « ces assertions sont fausses ». Pourquoi? Du fait, juge-t-il, qu’elles ont été mises de l’avant par les généraux allemands, tels  Guderian, Manstein et Mellenthin, qui ont rédigé leurs mémoires après-guerre pour se justifier –– ou par la propagande soviétique qui a tourné à plein régime après la victoire de 1945. 

Laurent estime qu’en réalité, Hitler attaqua l’URSS au meilleur moment et que « l’opération Barbarossa est la clé de toute la guerre à l’Est, mais aussi de la Seconde Guerre mondiale ». Qu’en réalité la bataille de Stalingrad n’a pas été le tournant de la Seconde Guerre mondiale.

De fait, le sort de la guerre ne peut se jouer en un coup, en une seule bataille.

En somme, estime le journaliste, la guerre s’est aussi jouée en Iran où l’Axe a tenté de faire sa jonction, avant que les troupes britanniques ne vainquent Rommel à El Alamein. Ainsi, le pétrole du Moyen-Orient convoité par le Reich demeura aux mains des Alliés :

Si Stalingrad n’est pas le tournant de la guerre, est-il le tournant de la guerre à l’Est? La réponse est oui! Pour Staline, Stalingrad est le combat à ne pas perdre. Si les Allemands avaient pris Stalingrad – opportunité qu’ils ont bien eue- ils se seraient alors donné les moyens de contenir l’opération Uranus. Stalingrad acquise, la Volga verrouillée, le groupe d’armées A solidement replié dans le Caucase, sur une ligne moins difficile à tenir, l’Ostheer aurait pu passer l’hiver 1942-1943 dans de bien meilleures conditions et reprendre l’offensive durant l’été 1943. À pleine puissance, contre un ennemi usé et moralement ébranlé, l’armée allemande aurait pu reprendre sa marche vers les pétroles de Grozny et surtout de Bakou. Sans pétrole, battus une nouvelle fois, le corridor persan coupé, les Soviétiques se seraient littéralement effondrés

Pour mener à bien sa démonstration, qui tient compte des dernières percées historiographiques, Boris Laurent procède à l’analyse de la planification et de l’exécution entre autres des opérations Barbarossa et Blau, qui mena les Allemands aux portes de Stalingrad, Uranus, qui enferma la 6e Armée allemande dans Stalingrad, et Bagration, ainsi que la bataille de Koursk.

À cette analyse, qui s’inscrit en droite ligne dans ce que d’aucuns appellent péjorativement à tort « l’histoire-bataille », il ajoute des considérations économiques, politiques, industrielles, énergétiques et diplomatiques.

Conclusion de Laurent après avoir livré d’élogieux commentaires sur l’Armée rouge et le général Joukov? « Les Soviétiques, grâce à un bagage doctrinal exceptionnel [ont compris] la véritable nature de la guerre moderne et par conséquent [ont dominé] intellectuellement les Allemands et [les ont] surclassés sur le champ de bataille ».

Au final, cette synthèse s’avère incontournable pour quiconque désire comprendre les conséquences de la brutalité de l’occupation allemande sur la Russie et celles des théories raciales délirantes des nazis. Laurent montre aussi l’autre versant, soit les tueries perpétrées par les Russes à la fin de 1944 et en 1945, lesquelles furent largement exploitées par la propagande de Goebbels.

Seul bémol, l’ouvrage aurait gagné à proposer davantage de cartes, voire un cahier photo en couleurs. Suggestion à l’éditeur, Boris Laurent réfère à maintes reprises aux ouvrages de l’historien américain David Glantz, spécialiste de l’Armée rouge. À quand une traduction française de ses ouvrages?

 

Joukov, l’homme qui a vaincu Hitler

2. Joukov (Lopez)Boris Laurent soulève une question sans doute provocante en cette époque pas si lointaine de commémoration du 70e anniversaire du débarquement en Normandie : qui a vaincu Hitler? Eisenhower ou Joukov? « C’est assurément Joukov », conclut le journaliste. C’est aussi la thèse défendue par Jean Lopez, l’un des rares spécialistes français du conflit germano-soviétique, dès le sous-titre de la biographie qu’il consacre au général russe.  

Dans l’esprit du grand public, « Ike » et l’US Army constituent les grands vainqueurs alors que le Débarquement de Normandie est encore perçu comme le tournant de la Seconde Guerre mondiale en Europe. Par l’entremise du cinéma notamment, ce public connaît Eisenhower ou Patton. En témoigne aussi le nombre de biographies qui leur sont dédiées : plus de 200 pour « Ike », sans compter celles dédiées du côté allemand à Rommel, Guderian et Manstein.

Mais qui connaît Gueorgui Joukov, l’homme qui a battu les armées du IIIe Reich sur le front de l’Est? Celui-ci n’a bénéficié d’aucune biographie en français depuis 1956, avant celle que publie l’historien Jean Lopez. Vision biaisée? Sans aucun doute.

D’où l’à-propos de cette solide biographie. Pour rappel, Joukov mena la bataille défensive en octobre 1941 qui freina la Wehrmacht dans son avancée vers Moscou. Il planifia, organisa et dirigea ensuite la contre-offensive de l’hiver 1941-1942 qui mit la Wehrmacht en échec et priva Hitler de la victoire qu’il espérait tant. Puis, il imagina le plan qui provoqua l’écrasement de la 6e Armée allemande à Stalingrad, avant de rallier Staline à l’idée de la défense stratégique à Koursk. Joukov, encore, mena ses armées au Reichstag en dix jours avant de faire signer au feld-maréchal Keitel la capitulation sans condition de l’armée allemande en mai 1944.

Excellent dans l’art de l’attaque et de la défense, Joukov est le général qui a cumulé le plus de victoires capitales durant la Seconde Guerre mondiale : « L’armée rouge a mené environ deux cents opérations à l’échelle d’un ou de plusieurs Fronts durant ces quatre années de combat. Soixante d’entre elles- les plus importantes – sont liées, à un titre ou à un autre, à l’action de Joukov », rappelle Jean Lopez.

L’historien le démontre bien, la vie de Joukov se conjugue durant plus de quatre décennies avec celle de l’Armée rouge, du parti bolchevik et de l’Union soviétique. « Elle offre un point pour sonder la nature de cette armée et de cet État pareils à nulle autre », estime l’historien. Communiste à partir de 1919, Joukov fut sans cesse écartelé entre son désir d’obéissance au Parti, qui contrôlait l’armée, et professionnalisation car, comme tout chef militaire, Joukov réclama un instrument moderne et efficace sur le champ de bataille. 

Entre 1896 et 1940, ce fils de paysans-artisans, ancien ouvrier fourreur, a parcouru bien du chemin avant de devenir soldat du tsar, puis commandant rouge. Survint l’attaque allemande en juin 1941. Débuta l’époque de la « Grande Guerre patriotique », la partie la plus intéressante en ce qui concerne notre propos. Lopez se penche sur « le paradoxe apparent de l’accession de Joukov à un niveau supérieur d’intelligence du conflit. Comment un homme dont le bagage de départ est l’équivalent de notre CE 2 (N D.L.R. : l’équivalent d’une deuxième année du primaire au Québec) a-t-il pu battre la crème d’un establishment militaire allemand sans équivalent au monde par le professionnalisme et l’expérience? »

Pour ce faire, Lopez passe « par la réhabilitation de l’art militaire soviétique. […] L’armée soviétique n’a pas vaincu seulement par le sang versé et la masse de matériel dépensé. Elle a aussi dominé intellectuellement son adversaire […] en dépit d’insuffisances techniques, tactiques et humaines persistantes ». Ici, Boris Laurent, auteur de la synthèse La Guerre totale à l’Est (Nouveau Monde, 2014), et Jean Lopez se rejoignent parfaitement.

Par ricochet, et c’est là un autre intérêt de cette biographie, Lopez met aussi en lumière les immenses erreurs de Staline chef de guerre, mais également les qualités qui lui ont procuré la victoire. Cette réhabilitation « éclaire une question obscurcie par l’infamie attachée avec raison au système stalinien et à la personne même du dictateur ».

Cette biographie, qui repose notamment sur des sources russes rendues disponibles au cours des dernières années, n’est en rien hagiographique :  « Joukov n’est pas un sain. Il a beaucoup menti, dissimulé, travesti la réalité de son action durant la guerre. Il a été injuste, emporté, vaniteux, vulgaire. En Allemagne, il a pillé comme un reître, il a laissé commettre des crimes de guerre affreux en 1945 aux dépens de la population civile. Il a servi sans murmurer Staline et un régime détestable, souvent avec les mêmes méthodes que le maître du Kremlin, au premier chef sa gestion des hommes par la peur », écrit Jean Lopez.

À lire pour enfin découvrir en français une figure majeure de la Seconde Guerre mondiale et l’une des rares qui, dans la Russie d’aujourd’hui, survit au naufrage soviétique.

 

Stalingrad, la « bataille des batailles »

3. Stalingrad (Kersaudy)Le général Joukov a imaginé le plan des quatre Planètes, lequel entraîna l’écrasement de la 6e Armée allemande à Stalingrad, une bataille devenue mythique. Véritable affrontement homérique qui dura du 17 juillet 1942 au 2 février 1943, la bataille de Stalingrad figure parmi les affrontements les plus durs de l’Histoire.

Ce « Verdun sur la Volga » fit perdre à l’Allemagne quelque 400 000 hommes tués, blessés, disparus ou faits prisonniers, dont le maréchal Paulus, 22 généraux et 2 500 officiers de tous grades tandis que l’Armée rouge y sacrifia le double. La bataille constitua la première véritable défaite majeure de l’armée allemande

Paru dans la collection « Un monde en guerre » dont la maquette, semblable à celle de la collection « Maîtres de guerre », se distingue par une riche iconographie, des cartes en couleurs et une mise en page dynamique, l’essai que signe François Kersaudy sous le titre Stalingrad. Le tournant de la guerre raconte la bataille de long en large dans un style accessible, depuis les considérations stratégiques jusqu’aux conditions de combat des hommes de troupe.

À placer dans sa bibliothèque aux côtés du plus volumineux Stalingrad d’Antony Beevor (Éditions de Fallois, 1998) et du témoignage d’Alexander Werth qui, à titre de correspondant de guerre pour la BBC, a été l’un des très rares journalistes à pouvoir se rendre à Stalingrad dès le lendemain de la capitulation allemande pour rendre compte de la situation sur place (Stalingrad, Fayard, 2013).

 

Les carnets du maréchal Paulus : la bataille de Stalingrad du point de vue allemand

4. Paulus (Laurent)Vers la fin de la bataille, le maréchal allemand Friedrich Paulus, encerclé par les Russes, dû se rendre à l’évidence : la 6e armée allemande était définitivement perdue. Elle devait cesser le combat. Le 31 janvier 1943, Paulus et son état-major se rendirent au commandement soviétique. Moins de 10 000 soldats allemands revirent leur pays.

Seul maréchal allemand à être capturé par les Russes, Paulus est un personnage controversé. Retrouvés et publiés après sa mort, ses carnets ne sont pas à proprement parler des mémoires. Ils offrent cependant une source inégalable, lucide et factuelle sur la conduite de la guerre, y compris un plan secret d’invasion de l’Angleterre jamais mis en œuvre, et sur l’invasion de l’URSS, puis sur la terrible bataille dans les rues de Stalingrad. Ils constituent une porte ouverte sur sa pensée stratégique et ses décisions tactiques avec, en conclusion, une réflexion plus large sur cet épisode décisif de la guerre.

Boris Laurent, auteur de la synthèse La Guerre totale à l’Est (Nouveau Monde, 2014) présente et annote les carnets. Plus spécifiquement, il s’agit « d’études et de mémos rédigés par Paulus lors de sa captivité en URSS et à la demande des Soviétiques […], des lettres privées, des extraits des directives no 21 (opération Barbarossa) et no 42 (opération Blau) et des documents du haut commandement de la Wehrmacht ».

On trouve également « des extraits de carnets de route des acteurs importants des opérations en URSS et à Stalingrad (von Bock et von Richthofen) et des éléments provenant des archives de la mission militaire allemande auprès de l’armée roumaine ».

Boris Laurent a également choisi de publier « des radiotélégrammes du général Paulus avec le haut commandement de l’armée de terre au moment où la 6e armée est encerclée dans Stalingrad ainsi que deux échanges entre Paulus et von Manstein, commandant du groupe d’armées Dom, directement impliqué dans la tentative de dégagement de la 6e armée ». Il souhaite ainsi replacer Paulus dans le contexte plus large de la bataille de Stalingrad afin de mieux comprendre le rôle qu’il y joua.

Un livre qui s’adresse aux passionnés.

 

Témoignages inédits de soldats de l’Armée rouge

Grandeur et misère (Lopez)L’historiographie anglo-saxonne particulièrement propose une pléthore d’ouvrages recensant des témoignages d’individus, civils ou militaires, qui relatent leurs souvenirs de la Seconde Guerre mondiale.

Absolument unique dans l’historiographie francophone du conflit germano-soviétique, Grandeur et misère de l’Armée rouge de Jean Lopez et Lasha Otkhmezuri présente douze témoignages, onze d’hommes et un de femme, et non la moindre en la personne d’Elena Bonner, épouse du célèbre dissident Sakharov. Ils ont en commun « d’avoir endossé l’uniforme de l’Armée rouge entre 1941 et 1945, plus longtemps pour certains. Tous sont des vétérans de la Grande Guerre patriotique […] ».

Tous étaient très âgés au moment de recueillir leurs mots, entre 85 et 92 ans. On ne peut que saluer l’initiative des deux auteurs : « Il était plus que temps de recueillir leur parole, d’autant plus qu’en Russie l’espérance de vie des hommes, comparée à celle de la France, est inférieure de douze ans. Mais leur mémoire est étonnamment fraîche, et les affects attachés aux souvenirs toujours vivaces ».

Les auteurs ne sont pas dupes. Les souvenirs relatés ont été élaborés et réélaborés au fil du temps, transformés, déformés et reformés au gré des lectures, des jugements émis après les faits. C’est pourquoi de nombreuses notes de bas de pages comparent les faits historiques et leur perception par les témoins.

L’objectif poursuivi par les auteurs n’est pas de réécrire l’histoire du conflit ni celle de la vie à l’époque stalinienne. Les historiens s’en chargent. Ces témoignages montrent plutôt « l’immensité du traumatisme engendré par la Grande Guerre patriotique, traumatisme individuel et collectif instrumentalisé par les pouvoirs successifs – Staline et Brejnev hier, Poutine aujourd’hui – mais jamais apaisé, jamais surmonté ».

Aucune analyse savante de mouvements de troupes, aucun document administratif signé de la main d’un maréchal, ne peut faire mieux ressentir les calvaires de l’Histoire que le témoignage d’une personne qui a les a vécus dans sa chair!

Une lecture éprouvante et instructive qui ramène l’humain au centre d’une guerre à l’Est qui fut particulièrement inhumaine.

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Références des livres recensés (dans l’ordre) :

Boris Laurent, La Guerre totale à l’Est. Nouvelles perspectives sur la guerre germano-soviétique (1941-1945), Paris, Nouveau Monde éditions, 2014, 556 p.

Jean Lopez et Lasha Otkhmezuri, Joukov. L’homme qui a vaincu Hitler, Paris, Perrin, 2014, 732 p.

François Kersaudy, Stalingrad. Le tournant de la guerre, Paris, Perrin, « coll. Un monde en guerre », 2014, 172 p.

Friedrich Paulus, La Bataille de Stalingrad, édition présentée et annotée par Boris Laurent, Paris, Nouveau Monde poche, Paris, 2014, 284 p.

Jean Lopez et Lasha Otkhmezuri, Grandeur et misère de l’Armée rouge. Témoignages inédits 1941-1945, Paris, Perrin, « coll. Tempus », 2014, 390 p.

Sébastien Vincent

Enseignant, historien et conférencier. Fondateur et éditeur du site "Le Québec et les guerres mondiales". Ses travaux portent sur le Canada, le Québec et la Seconde Guerre mondiale. Collaborateur au journal Le Devoir, il a publié Ils ont écrit la guerre (2010, Vlb éditeur) et Laissés dans l'ombre. Les Québécois engagés volontaires de la guerre 39-45 (2004, Vlb éditeur, finaliste aux Prix littéraires du Gouverneur général, 2005).
Sébastien Vincent