Par Pierre Vennat
Texte inédit

Le 23 avril 1941, le Vancouver Sun a publié un éditorial fort intéressant sur l’effort de guerre du Québec mené jusqu’à cette date. Faisant écho à un discours récent du cardinal Villeneuve, l’éditorialiste écrivait :
 
La participation de la province de Québec ne résume pas, d’ailleurs, à des discours. Il existe des faits et des chiffres, des hommes et des femmes, des usines, des canons, de la production enfin; et il serait bon que tous les Canadiens s’en rendent compte.
 
Au cours de la dernière guerre, que Québec ne considéra jamais comme la sienne, moins de 20 000 Canadiens français s’enrôlèrent dans l’armée canadienne de 500 000 hommes. Au début de cette année, l’effectif total de nos armées de terre, de mer et de l’air était de 229 700 hommes. Là-dessus, la part du Québec a été de 42 650 hommes et, de plus, de nombreux Canadiens français de l’Ontario et des autres provinces se sont enrôlés. Au moins 50 000 Canadiens français portaient l’uniforme en janvier et leur nombre a augmenté depuis.
 
Ainsi Québec a donné jusqu’à trois fois plus d’hommes au pays qu’il ne l’a fait lors de la Première Guerre, bien que l’enrôlement total au Canada soit encore la moitié de ce qu’il était en 1918. Voilà des chiffres remarquables… 

Pierre Vennat

Ancien journaliste à La Presse durant une quarantaine d’années, il est aussi historien. Il a notamment publié une dizaine d’ouvrages dont Dollard Ménard. De Dieppe au référendum (Art Global, 2004), la trilogie Les Héros oubliés. L’histoire inédite des militaires canadiens-français de la Deuxième Guerre mondiale (Le Méridien, 1997-1998) et Dieppe n’aurait pas dû avoir lieu (Le Méridien, 1992).
Pierre Vennat