Cet article est un résumé d’un article paru dans France Culture le 21 mai 2026. Lire l’article original
Cette semaine, le Festival de Cannes dédie une critique spéciale à la Seconde Guerre mondiale à travers quatre films marquants. Le programme met en lumière des figures emblématiques telles que De Gaulle et Jean Moulin, explorant les thèmes de la résistance autant que ceux de la collaboration. Dans « La Bataille de Gaulle : L’âge de fer » d’Antonin Baudry, en trois heures, le film retrace la défaite française, l’occupation, et l’organisation de la Résistance jusqu’à l’entrée en guerre des États-Unis. Simon Abkarian campe De Gaulle dans un récit moins académique qu’attendu. Théo Ribeton souligne le caractère ambitieux mais « assez relâché » du film, plus axé sur le pouvoir que sur la guerre à proprement parler. Josué Morel décrit une œuvre hagiographique mais pédagogique, montrant les luttes intestines de la France libre.
« Le film est ambitieux mais assez relâché, ce qui l’amène au devant de certaines difficultés. Les gens s’attendent à voir un film de guerre alors que c’est plutôt un film de bureau, d’ambassade. »
« Notre Salut » d’Emmanuel Marre se distingue par un récit intime et personnel, reconstitué en partie grâce à une correspondance familiale. Il dévoile les arcanes de l’administration de Vichy à travers le regard d’un ingénieur au ministère du travail. Ce film, bien construit, évite les clichés d’époque, dénoncent les critiques. « Moulin » de László Nemes plonge dans les derniers jours du héros de la Résistance, Jean Moulin, avec une mise en scène très formelle et impressionnante. Gilles Lellouche incarne ce personnage tragique mais sans la fragilité attendue. Enfin, « Fatherland » de Pawel Pawlikowski offre un road-trip en noir et blanc, suivant le retour en Allemagne de Thomas Mann et sa fille après-guerre, proposant un regard critique et intimiste sur l’après conflit. Les avis divergent sur la rigueur et l’esthétique rigide de ce dernier.
Ces films, présentés en compétition ou hors compétition, invitent le public à revisiter cette période historique à travers des approches diverses. Certains privilégient la dimension politique et la complexité du pouvoir, d’autres s’intéressent à la dimension humaine et aux drames personnels. La critique souligne ainsi une richesse dans la programmation, même si certaines œuvres font débat tant sur la forme que sur le fond.
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