Par Sébastien Vincent
Texte inédit
Contrairement à ce que certains ont longtemps pensé et/ou croient encore, le Canada a respecté jusqu’en novembre 1944 le principe du service outre-mer volontaire. La confusion naît certainement des termes utilisés.
La Loi sur la mobilisation des ressources nationales (LMRN) promulguée le 29 juin 1940 par le Parlement canadien instaure une forme partielle de service obligatoire pour les hommes célibataires âgés entre 21 et 24 ans. À compter d’octobre 1940, les conscrits de 21 ans appelés pour le service de défense du territoire nationaldoivent suivre un entraînement militaire de trente jours dans les centres d’entraînement de la milice, avant de devenir réserviste. La limite d’âge passe à 18 ans et la durée de l’entraînement à quatre mois en janvier 1941.
Une recrue mobilisée par la LMRN demeure affectée uniquement à la défense territoriale du Canada, ce qui inclut, par décrets du Cabinet, Terre-Neuve, le Labrador et l’Alaska, régions considérées à l’intérieur de la zone de défense du Canada. En juin 1943, un décret inclut l’île de Kiska et un autre, émis en août, élargit la zone aux Antilles, à la Guyane britannique et aux États-Unis.
Bien que le plébiscite sur la conscription pour le service outre-mer du 27 avril 1942 a eu pour effet de libérer le Premier ministre canadien de son obligation morale de ne pas imposer la conscription pour l’envoi de troupes outre-mer, W.L. Mackenzie King se garde de le faire jusqu’à ce que les événements le rattrapent à l’automne 1944. À ce moment, « la question des renforts est transformée en crise par la prolongation de la guerre au cours de l’hiver et suite aux lourdes pertes que subissent les fantassins à Caen et à Falaise », écrit l’historien F. G. Stanley.
Donc, entre septembre 1939 et l’automne 1944, tous les Canadiens français/Québécois (et les autres Canadiens), qui combattent en Asie, puis à Dieppe, en Italie et en Europe de l’Ouest sont des volontaires qui ont préalablement accompli leur service de défense du territoire national.
Durant l’automne 1944, le nombre de volontaires a chuté à un point tel qu’il devient impossible de combler les pertes subies par l’infanterie, d’autant plus que les militaires sont mal répartis entre effectifs de soutien et combattants. Cédant à la pression, le Premier ministre canadien renonce au principe du service volontaire et ordonne, non sans créer une crise politique au pays, l’envoi outre-mer de 16 000 conscrits en vertu de la LMRN.
Avec l’essoufflement du conflit qui prend fin en mai 1945 en Europe, 12 909 traversent en Angleterre, 2463 combattent lors des derniers mois de la guerre, 313 sont blessés, 13 sont faits prisonniers de guerre et 69 meurent sur le champ de bataille.
C’est peu, par rapport aux 42 042 pertes canadiennes pour l’ensemble de la guerre. Des 16 000 conscrits à partir de novembre 1944, environ 2400 venaient du Québec.
On aurait donc compté 2400 conscrits pour le service outre-mer à compter de novembre 1944 sur un total de volontaires, hommes et femmes, armée de terre, MRC et ARC confondus, estimé à environ 132 000 francophones engagés volontaires.
On comprend donc que, historiquement, l’expérience de l’engagé volontaire a été largement plus répandue que celle du conscrit.
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Bonjour,
Tout d’abord, je voulais vous féliciter quant à votre site internet et l’excellence de celui-ci. J’étudie présentement pour devenir enseignante au collégial et j’avais un cours à donner sur l’histoire du Québec durant les deux guerres mondiales et votre site a été pour moi une véritable mine d’or d’informations. Les documents présentés sur ce site sont d’une quantité et d’une qualité exceptionnelles! Vraiment, bravo! Beaucoup de travail derrière la conception de ce site.
Ensuite, j’avais une question, ou plutôt une remarque, quant au contenu retrouvé sur votre site. En fait, j’ai cherché s’il y avait un peu d’information sur la bataille du Saint-Laurent ou sur le déroulement de la Deuxième Guerre mondiale en Gaspésie, ou simplement une mention de la présence allemande en eaux canadiennes, et je n’ai rien trouvé. N’abordez-vous pas ce volet de la guerre car on retrouve déjà un certain nombre d’écrits sur ces évènements ou est-ce davantage un choix personnel, c’est-à-dire que vos recherches ne vous ont pas amené à traiter de ces sujets?
Finalement, je voulais vous remercier de mettre à la disposition de tous ces documents historiques.
Merci
Bonjour Vicky,
Merci pour vos très gentils commentaires!
Les thèmes abordés ici dépendent des intérêts de nos quelques contributeurs. Il peut effectivement paraître incongru que la bataille du Saint-Laurent ne soit pas abordée dans l’un de nos articles. C’est simplement que nous n’avons pas reçu d’article relatif à ce sujet, du moins pour l’instant.
Tiens, que diriez-vous de nous aider à pallier à cette lacune en soumettant un article? 🙂 Nous sommes toujours heureux de publier de nouveaux contributeurs.
N’hésitez pas non plus à venir discuter sur notre forum. Je crois que vous vous y êtes inscrite récemment. Venez vous y présenter!
Merci encore, et au plaisir,
Frédéric Smith
Webmestre
Chère Madame
Curieuse ironie, le prochain numéro du magazine virtuel Histomag, dirigé maintenant par Victor Dupont et qui annonce toujours sa parution sur notre blogue et ou notre forum aura pour thème principal, la bataille de l’Atlantique.
Dans lequel je publie un texte, avec photos sur la bataille du Saint-Laurent, dont nos amis européens n’avaient pratiquement jamais entendu parler.
Comme j’ai déjà en banque plusieurs textes à l’intention du blogue Le Québec et les guerres, je croyais n’écrire ici sur ce thème que plus tard. D’autant que j’en ai parlé amplement dans le tome 2 de mes Héros oubliés (Éditions du Mérmidien, publié il y a une douzaine d’années) et que j’en parle amplement dans mes cours d’histoire miltiaire dont je distribue les notes aux étudiants.
Le numéro d’Histomag doit sortir en mai. Vous pourrez le décharger au complet. Je suis désolé qu’il paraisse ailleurs qu’ici avant, mais je publie tellement qu’il m’arrive de ne plus savoir qui exactement me publie. Mais cette fois-ci, je le sais, puisqu’on m’a avisé il y a une dizaine de jours que cela serait dans le prochain numéro d’Histomag.
Merci de votre intérêt.
Pierre Vennat
Journaliste-historien
Bonjour Vickie,
Vos bons mots sont fort appréciés.
Sébastien Vincent
fondateur et éditeur du site