Par Sébastien Vincent
Texte inédit
On apprenait la semaine dernière le décès de l’ancien combattant Jean-Charles (Charly) Forbes, le 19 mai 2010 à l’Hôpital de Ste-Anne de Beaupré.
D’ascendance écossaise, J.-C. Forbes a vu le jour en mars 1921 à Matane (Gaspésie). Il fit ses études chez les frères du Sacré-Cœur à Victoriaville. Il se découvrit une vocation de soldat grâce au prêtre du village. Il entama en septembre 1940 sa formation militaire au Collège militaire de Kingston avec l’intention de devenir aviateur. Ayant finalement opté pour l’artillerie, il se rendit au camp Borden au printemps 1941, puis à Brockville et à Petawawa. Il découvrit le battle drill à l’école de Vernon (Colombie-Britannique). Passionné par ce qu’il voyait, il demanda son transfert à l’infanterie. Il enseigna le battle drill à Brockville et à Valcartier, puis s’engagea pour le service actif en novembre 1941. Après divers stages comme instructeur et après avoir complété sa formation d’officier, il s’embarquea pour l’Angleterre en décembre 1942.
En janvier 1943, il rejoignit le Régiment de Maisonneuve à Brighton, en Angleterre. L’unité débarquea en Normandie, le 6 juillet 1944. Forbes participa à plusieurs opérations à la tête de son peloton jusqu’à son rapatriement vers l’Angleterre en décembre 1944 à la suite d’une blessure subie à Groesbeek, en Hollande près de la frontière allemande. À la suite d’un acte de bravoure exceptionnel lors de la capture du barrage reliant le Beveland du Sud à l’île de Walcheren en Hollande, il fut sacré Chevalier Militaire de l’Ordre de Guillaume par la reine Wilhelmine de la Hollande. C’est la plus haute décoration de bravoure accordée par les Pays-Bas. Après avoir été hospitalisé à Gand, puis en Angleterre avant de subir une chirurgie plastique en janvier 1945, le lieutenant Forbes retrouva sa famille à Lévis, le 14 août.
Marié en septembre et démobilisé en novembre, il se consacra au commerce de bois de son père. À la suite de la faillite du moulin personnel, il s’enrôla à nouveau, cette fois pour participer à la guerre de Corée (1950-1953) avec le 2e bataillon du Royal 22e Régiment dont on voulait faire un bataillon de parachutistes en plus d’être une unité de combat. En février 1950, il quitta le Canada pour la Corée où il fut commandant de peloton de mortiers. Il se mérita une Citation à l’Ordre du jour “MID”. Il quitta définitivement l’armée en 1965.
En 1985, il fut nommé lieutenant-colonel honoraire du Maisonneuve et en 2005, colonel honoraire de la Garnison de Québec du Fort St Andrew’s des 78th Fraser Highlanders. En 2007, il a été fait membre Chevalier de l’Ordre de la Légion d’honneur, la plus haute décoration de la République française. Il a vécu à Saint-Férréol-les Neiges.
J-Charles Forbes est l’auteur de mémoires de guerre intitulés Fantassin. Pour mon pays, la gloire et … des prunes, Sillery, Septentrion, 1994.
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Charles Forbes fugure probablement parmi les auteurs les plus remarquables que j'ai connus comme éditeur.
Nous avons travaillé ensemble à l'édition de son Fantassin, un ouvrage malheureusement inachevé. Un jour, il m'est arrivé sans crier gare au Septentrion avec son manuscrit. "J'arrête", me dit-il en me tendant sa liasse de feuilles. Surpris, je lui demande pourquoi et il m'apprend avec toute l'émotion qu'on lui connaît que sa fille vient de mourir tragiquement.
C'était un homme aux multiples talents. L'un de nos militaires les plus décorés, mais aussi un peintre et un musicien; il aurait certainement pu faire aussi du théâtre et sa voix chaleureuse et distinguée lui aurait permis de faire carrière dans les communications.
Gaston Deschênes,
conseiller éditotial au Septentrion
J’ai vus le reportage de M.Stankey sur la vie de M.Forbes et j’en ai été for impressionné.Nous avons un héros au Québec qui a été ignoré.
Serge Gagnon
1424 Alexis le Trotteur
ancienne-Lorette
G2E4Y4
Je viens aussi de voir le reportage d’Alain Stanké à Radio-Canada. J’étais un peu frustré de ne pas l’avoir connu avant. Cet homme-là est un héros qui aurait dû être encensé par tout le pays. Il devrait avoir une statue devant l’Assemblé Nationale à Québec et aussi le parlement à Ottawa. Heureusement il n’est pas trop tard pour se rattraper.