Par Guy Tremblay

Guy Tremblay détient une licence de pilote professionnel depuis 1976. Il a fondé « l’Association des pilotes de Saint-Jean-sur-Richelieu » en 2000. Il en est le président depuis le début.
 
Monsieur Laurent Véronneau est membre de l’Association des pilotes de Saint-Jean-sur-Richelieu depuis sa fondation en 2000. Il est le doyen de l’association. Un dimanche matin, alors que je volais avec lui pour nous rendre à un déjeuner causerie hebdomadaire, il m’a raconté son vécu de mitrailleur durant la deuxième guerre. J’ai trouvé son récit très captivant. J’ai donc décidé de faire partager son épopée à nos membres par le biais de notre « Journal de bord » .
 
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Laurent Véronneau est né le 10 juillet 1924 à Saint-Hugues, dans une famille de cultivateurs composée de cinq enfants. Alors qu’il a 18 ans, Laurent rencontre un ancien professeur qui lui propose de s’enrôler dans la RCAF (Royal Canadian Air Force). Le professeur touchait une corde sensible, car Laurent a toujours rêvé de voler.
 
Les formalités de l’enrôlement accomplis, il se rend à Toronto pour suivre son entraînement militaire. Il veut faire partie du personnel volant, mais il est trop jeune pour devenir pilote. Un recruteur lui suggère de devenir mitrailleur.
 
À la fin de 1943, Laurent part à l’Île du Prince-Édouard pour suivre l’entraînement de mitrailleur. L’entrainement d’une durée de trois mois consiste notamment à :
 
• apprendre la manipulation d’une tourelle pour coordonner ses tirs avec le pilote;
• se familiariser avec la rotation de la tourelle;
• prendre conscience de la vulnérabilité de sa cloche de verre;
• se familiariser avec les quatre mitrailleuses de type Browning de calibre.303 (7,7 mm).
 
 
Laurent sur sa tourelle
 
L’entraînement se déroule avec un bi-moteur Bristol Bolingbroke. Ce dernier possède des tourelles identiques à celles du bombardier de type Halifax. Le Bristol est précédé d’un avion monomoteur remorquant un sac de sable. Chaque apprenti-mitrailleur tire des balles de couleurs différentes dans le sac. Ainsi, une fois revenu au sol, on peut connaître la dextérité et le pointage des futurs mitrailleurs.
 
 
 
 
 
Laurent performe bien et passe à l’étape suivante de son entrainement, soit celle d’exécuter des tâches de commando (survie, attaque corps à corps, entraînement physique, etc.). Cet entraînement très rigoureux d’une durée d’un mois est dispensé par des vétérans de Dieppe. Finalement, Laurent gradue au printemps 1944.
 
 
Photo lors de sa graduation. Laurent se trouve à l’extrême droite de la photo.
 
Il revient à Lachine (sud-ouest de Montréal) pour faire ses bagages. Puis, il prend le train en direction d’Halifax d’uù il embarque dans avion cargo qui le mènera en Écosse. Durant la traversée, il fait la connaissance d’autres Canadiens français dont Roland Laporte qui s’est enrôlé comme pilote en 1939.
 
Ce dernier demande à Laurent de faire partie de son équipage en qualité de mitrailleur. Laurent accepte. Le pilote canadien français a de bons contacts. Il sera le commandant d’un Handley page Halifax III dont l’équipage est composé d’un pilote, d’un ingénieur qui agit aussi à titre de co-pilote, d’un sans-filiste, d’un navigateur, d’un bombardier et de deux mitrailleurs. C’est ainsi que Laurent intègre l’escadron 425 (Alouette).
 
L’équipage avec laquelle Laurent volera durant son périple.